Un week end fabuleux à Nant
Habituellement, je donne plutôt en titre "Résultats des crewers". Mais, là, après 4 jours, j'en ai encore plein la tête, et étant restée quelques jours dans l'Aveyron dans la famille de Maryline, nous en avons parlé, et reparlé et rereparlé tous les jours. Refait, et refait la course dans tous les sens. Analysé ce qu'on avait bien réussi, ce qu'on avait moins bien réussi, ce qu'on croyait avoir très bien réussi, mais peut-être pas, etc...etc... ce que font tous les coureurs après avoir vécu un moment exceptionnel. Difficile de redescendre sur terre. Finalement ça ressemble à un gros "shoot", dont les effets durent une semaine, et sans conséquence sur la santé! Que du bonheur!
Que dire, par quoi commencer?
Tout d'abord, le résultat de Dominique au marathon de Toulouse, dont il revient déçu, car les - de 4h qu'il visait et qu'il avait dans les jambes, j'en suis sûre, se sont éloignées au 34è km. En effet, Dom à été victime de problèmes gastriques. Nous en reparlerons. Il finit en 4h28. Le ravitaillement est une des clés de la réussite sur marathon, et il faut s'habituer à absorber des boissons énergétiques et des gels aussi bien à l'entrainement qu'en compétitions intermédiaires, comme le semi. Nous aurons l'occasion d'en reparler.
Deux autres résultats à Toulouse : Trailman, 3h31'34; Jean-Louis Airault (qui n'est pas encore venu s'entrainer avec nous, mais que nous croisons souvent le samedi, il va venir, j'en suis sûre) 3h35'52.
Petite remarque à vous deux : Ce n'est pas normal que vous soyez derrière moi sur marathon alors que vous me mettez plus de 5' sur 10 kms. Vous en faites trop! Et peut-être êtes-vous partis trop vite. On en reparle bientôt. En attendant R-E-C-U-P-E-R-E-Z
Les résultats de Sandrine et Françoise aux templiers : La première s'est alignée sur le marathon des Causses (40 kms et 1600 de D+) qu'elle termine en 6h49'03 (j'avais parié sur 7h), à la 539è place (652 classés), la seconde a pris le départ du Vo2 Trail (18 km et + de 1000m de D+) qu'elle termine en 3h02'08, soit 5' de mieux que l'an passé, 602è sur 790 arrivants.
Nous n'avons pas vu Magali, qui participait également à la Vo2 Trail. Alain l'a aperçue en course, et apparemment, elle signe un beau résultat en 2h34'18 à la 296è place et 34è F. Bravo Magali, et n'oublie pas de mettre ton commentaire. Ne connaissant pas ton nom de famille, je pense que je me suis trompée de Magali dans le classement à Arsac. Il ne faut pas hésiter à m'envoyer vos résultats ou vos rectificatifs par mail.
Les résultats de Maryline et de votre coach (72 kms et 3100 de D+) : 11h23'15, 54è F, 656è au général; 10h29'19, 19èF, 623è au général. 2395 partants, 1993 arrivants.
Un autre résultat, celui de Nicolas Le Bail, Coach Adidas à Nantes : 319è en 9h25'27
Pour ma part, mon objectif était de mieux gérer la course que l'an passé (3è participation) en faisant bien attention aux ravitaillements, en remplissant bien ma poche à eau avec de la boisson énergétique suffisamment dosée. Je voulais faire aux environs de 10h30 et dans les 20 premières féminines (j'étais 28è l'an passé). Je suis pil-poil dans les clous!
Pour la première fois, j'ai été bien de bout en bout (baisse de régime l'an passé à partir du 3ème tiers de la course, et dans le dernier quart, à la ramasse, comme ont dit). Ultra concentrée, à peine dit bonjour aux Leduc et à Sandrine qui étaient venus bravement nous encourager au premier ravito à Dourbies (km 38), j'avais des filles à surveiller! Dans la montée du Saint Guiral, nous avons croisé Chocho, au détour d'un virage, peu avant le sommet (km 25/27?), il m'encourage, je manque de faire demi-tour pour lui dire bonjour et lui faire la bise, je me ravise et me souviens que je suis dans une course, il m'annonce 22è féminine, c'est bien, je suis dans mes objectifs. Ranger son frein, car la course ne commence qu'après Trèves, c'est à dire vers le 47è km. Je lui dit que Maryline n'est pas loin, il l'encouragera très fortement et lui proposera même du café. Mais j'espère qu'elle vous racontera sa course en utilisant la rubrique commentaires (je compte sur toi Maryline). Je croise Vincent Moity, de l'Asptt, ancien papa d'élève (ma première classe) et qui était en rade de logement au mois de mars, mais à ce moment là, nous étions complets, soit 5 personnes. Finalement, les blessures des uns et des autres ont fait que nous n'étions plus que deux à l'arrivée. L'an passé, nous étions 3 au mois de janvier, puis finalement 5 au départ, mais 2 en moins sur les 3 premières engagées! Rien que l'inscription et la réservation du gîte sont de vraies aventures!
J'arrive sur Dourbies, toujours en 22è position apparemment, bien qu'ayant dépassé quelques filles dans la descente, d'autres ont du me rattraper, je ne sais plus bien. L'arrivée dans ce minuscule village ressemble au tour de France avec des "Allez Nathalie", "Nathalie", "Nathalie", on se sent star! 3 ou 4 filles font les malines en piquant un sprint devant moi à 10 m de la salle de ravitaillement. N'importe quoi! Je ne m'en occuppe pas, la seule chose qui importe, reremplir ma poche à eau avec ce qu'il faut. J'avale un ou deux bouts de banane, un perrier en entier, je sors mes lunettes de soleil, une tartine de Roquefort et je repars concentrée, au milieu de ces centaines de coureurs dont je ne fais pas cas. Mais où sont les Leduc? Finalement, je les trouverais avec Sandrine au début de l'attaque de la crête du Suquet. Je dis rapidement bonjour, en lançant un sourire, faut pas trainer, je dois garder ma place. je ne vois pas de filles devant. Sont-elles encore au ravito, déjà reparties? Dans la montée, je commence à "bouffer" pas mal de gars. Enfin on bascule, mais ça remonte vite. Je veux faire pipi! Je m'arrête en plein milieu du chemin, pose mes fesses sur le coté dans un tas de verdures, à peine cachée, ça pique, je vois les coureurs passer devant moi, puis 2 ou 3 nénettes, zut! Je remonte vite culotte et caleçon, sans vraiment me préocupper de savoir si on a vu mes fesses ou pas, après tout j'm'en fous, on est tous dans la même aventure, les gars, eux, peuvent s'arrrêter sur le coté et se soulager sans problème, sans montrer leurs popotin, quelle chance ils ont. On arrive à Trèves, un peu de public, (cette année, Trèves n'était pas accessible aux accompagnateurs), et on entame une montée dans un tracé entièrement nouveau. De nouveau une nana qui me grille. J'aime pas ça! Puis ça redevient roulant, je rattrape la fille qui m'avait doublée dans la montée, puis une deuxième. Je discute un peu, elle vient de Suisse, donc les montagnes elle connait, première participation. Puis, c'est Didier Préchais (un habitué du Burck, qui était arrivé un peu loin derrière moi l'an passé) qui arrive à mon niveau "cette année, j'ai pris plus de risques". Il a l'air en forme. On arrive au second ravito, ambiance Tour de France, des "Allez Nathalie" fusent de partout, Didier me dit que je suis une star! On m'annonce 16è. Je n'ose pas y croire. Plein de perrier dans la poche à eau (le mélange fait à Dourbies était trop sucré), encore un cannette avalée, tiens de la bière, j'en ai envie, j'en rève, alors quelques gorgées et c'est reparti en direction de Saint Sulpice où une descente très technique, et en dévers nous attend. Didier est en forme, il part devant et m'invite à le suivre, je le laisse faire, c'est pas mon rythme.
La remontée sur le Causse au dessus de Cantobre est terrible : De la piste Super noire aussi bien en montée qu'en descente, ce n'est plus du sentier qui monte ou qui descend, mais des marches où mes jambes ne sont pas assez grandes, et en plein soleil sous une grosse chaleur. J'ai encore avalé du monde. Des gars s'assoient sur les rochers et se reposent, ils n'en peuvent plus. Arrivée sur le plateau, la suisse me reprend, puis une autre, zut, zut, faut que je tienne!
3è Ravito à Cantobre où m'attendent les Leduc. Tiens, je revois Didier. Là enfin le terrain est propice pour quelques discussions, ils prennent mon appareil photo et mitraillent. Alain court et m'accompagne sur quelques centaines de mètres, c'est super chouette. Ils me donnent des nouvelles de Maryline dont le lacet s'est cassé, et qui selon eux n'est pas bien en point. Deux nénettes en profitent pour me doubler encore pendant mes conversations. Y a pas de temps à perdre, je repars avec Didier, qui très vite ne peut plus suivre, je les rejoins enfin un bon quart d'heure plus tard. je reste dans leurs traces, je les passe ou les passe pas? Quelle est la bonne stratégie? Finalement au bout d'un moment, comme je me sens bien, je leur demande la permission de doubler, qu'elles m'accordent volontiers. mais il faut encore tenir, j'arrive à la hauteur d'un gars, on entame la conversaiton, il est de Clermont Ferrand, première participation, on vante les mérites des bâtons et on reste ensemble un moment. Je continue à courir quand ça redevient roulant. Il finira par me décrocher quand même. Enfin la descente du roc Nantais, ça fait toujours aussi mal : des racines, de la pente, des mains courantes, de la pierre, et ça dure longtemps, j'ai les quadriceps en feu et suis obligée d'y aller doucement. Un autocar de gars me passe. Enfin ça redevient roulant, j'accélère, me retourne, voit une des filles revenir "poussez-vous, laissez-moi passer, " "à gauche, à gauche, j'ai une fille aux fesses" "mais qu'est-ce que ça peut faire, là on arrive on en est plus à une place près" "moi si"! J'arrive sur le pont, me retourne, pas de fille en vue, les Leduc pas encore là, je marche dans le dernier mur de montée (20m) puis reprend à courir, j'aperçois le chorno 10h29'13, faut accélerer et finir en dessous de 10h30, petit sprint, et je m'arrête sous l'arche, HEUREUSE! J'ai rempli mon contrat, quel bonheur!
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